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ptrougeLes héritières de Mohamed Ali

Kinshasa

Mai 2012

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Vincent BOISOT

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Pour la première fois de l’histoire, la boxe féminine est devenu sport olympique aux J.O. de Londres. Et les boxeuses de la République Démocratique du Congo avaient de sérieux arguments à faire valoir. Elles ont grandis à Kinshasa, une ville chaotique et violente où elles ont appris à se défendre seules. Avec plusieurs titres de championne d’Afrique à leur palmarès et des mois d’entrainement, elles avaient tout pour y croire. Mais l’argent nécessaire pour le voyage vers l’Algérie et son tournoi qualificatif arrivera trop tard, sonnant le glas de leurs rêves d’Europe et de gloire olympique.

C’est dans le vieux stade Tata Raphaël que ces courageuses boxeuses s’entrainent chaque soir après l’école ou le travail. Ce même stade qui accueillit en 1974 un des combats les plus mythiques de toute l’histoire de la boxe, un spectacle pharaonique organisé par le tout jeune Don King et le tyran Mobutu au sommet de sa folie. A la surprise générale, le revenant Mohamed Ali, soutenu par tout le peuple congolais, battait par K.O. le colosse et grandissime favori Joe Foreman.

La salle où le coach Judex fait travailler ses boxeuses est celle où Mohamed Ali s’entraina avant le combat de sa vie. Elle est aujourd’hui dans un état pitoyable. Mais rien ne semble pouvoir entamer la bonne humeur et la détermination de ces jeunes filles qui se battent pour exister dans l’indifférence générale, en quête d’un avenir ou pour être plus forte dans une ville où « si tu ne te défends pas toi même, même si on est en train de te tuer, la police va passer ».